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L’emploi public territorial
L’emploi
Il existe en France trois fonctions publiques : la fonction publique de l’Etat, l’Hospitalière et la Territoriale. Créée dans le cadre du premier mouvement de décentralisation des années 80, la fonction publique territoriale se caractérise, outre la proximité de son intervention vis-à-vis des administrés, par la grande diversité de ses employeurs, la multiplicité de ses domaines d’activités et la richesse de ses 231 métiers.
Les fonctionnaires territoriaux représentent plus de 8 % de la population active, environ 1/3 des effectifs de la fonction publique et, pour la Basse-Normandie leur nombre s’élève à 37 945 agents exerçant leurs missions au sein des quelque 2 500 employeurs bas-normands (communes, organismes publics intercommunaux ou locaux, départements, région et divers organismes locaux de gestion).
La moitié des agents exercent au sein de la filière technique et 1/4 dans la filière administrative, le quart restant appartient aux filières sanitaire et sociale, animation, culturelle et artistique, sportive, et enfin sécurité et sapeurs-pompiers.
Les emplois sont répartis dans 3 catégories :
. la catégorie A : fonctions de conception et de direction, pour lesquelles le recrutement se situe au minimum au niveau de la licence (Bac + 3), . la catégorie B : encadrement intermédiaire, avec un recrutement au niveau Bac et Bac + 2, . la catégorie C : fonctions d’exécution, nécessitant pour certains métiers des qualifications professionnelles spécialisées.
En Basse-Normandie 78 % sont des agents d’exécution (catégorie C), 13 % des agents de catégorie B et 9 % des A (données sensiblement identiques à la moyenne nationale).
Le concours est la règle de recrutement, mais il existe une possibilité d’accès direct, sans concours, pour le premier niveau des emplois de catégorie C : le recrutement se fait alors directement par les employeurs territoriaux.
Contrairement à la Fonction Publique d’Etat, la réussite au concours ne vaut pas nomination : les lauréats doivent faire acte de candidature auprès des employeurs territoriaux.
L’évolution de l’emploi
Les diverses étapes de la décentralisation, le développement des territoires et l’intercommunalité, les défis démographiques et les évolutions sociologiques qui en découlent ont profondément transformé le cadre et le contenu des métiers au sein des collectivités.
Dans ce contexte d’un service public local qui se complexifie et qui doit intégrer de nouvelles compétences, les collectivités ont de plus en plus besoin de fonctionnaires qualifiés et sur des métiers parfois extrêmement pointus. Elles doivent également anticiper le renouvellement des emplois, induit par l’accélération des départs à la retraite.
La Fonction Publique Territoriale représente donc un important gisement d’emplois, de tous niveaux et offre aux personnes désireuses de s’orienter vers le secteur public l’opportunité d’un recrutement et d’un déroulement de carrière.
La demande d’emploi
Ce sont le Conseil Régional et les Conseils Généraux (impact de l’acte II de la décentralisation) ainsi que les organismes intercommunaux qui ont vu leurs effectifs le plus fortement augmenter depuis 2005, le poids des communes diminuant suite au développement de l’intercommunalité : en Basse-Normandie les agents exerçant dans des Etablissements Publics de Coopération Intercommunale représentent 20 % des effectifs territoriaux (contre 12,50 % au niveau national) et ceux des communes 52 % (contre 59 % au national).
Les recrutements permanents les plus nombreux se font sur des emplois de catégorie C, ainsi que sur les métiers du secteur technique (sur les 3 catégories).
Les métiers les plus recherchés actuellement :
- pour le secteur technique : entretien des bâtiments, propreté, collecte des déchets, voirie, entretien des espaces naturels - pour le domaine des prestations sociales : aides à domicile, travailleurs sociaux, assistants d’éducation - pour le domaine de la santé : médecins, infirmiers et aides-soignants - pour le domaine de l’éducation, de l’enfance et de la jeunesse : assistants d’accueil en petite enfance, éducateurs et animateurs - pour le domaine administratif : gestion des ressources humaines (directeurs des ressources humaines, agents chargés de la gestion administrative du personnel), affaires générales (secrétaires de mairie, agents d’accueil), métiers des secteurs financier et juridique.
La formation professionnelle
La récente réforme de la formation professionnelle des agents territoriaux a introduit de nouveaux droits pour les fonctionnaires, permettant de croiser leurs attentes avec celles de leurs employeurs et privilégiant ainsi leur professionnalisation.
Depuis la loi du 19 Février 2007, toutes les personnes intégrant la Fonction Publique Territoriale suivent un parcours de formation d’intégration, qu’elles soient en catégorie A, B ou C.
Ce dispositif doit permettre à tout agent nouvellement nommé de mieux appréhender l’environnement territorial et de comprendre son rôle d’acteur du service public local.
Ces formations sont également le point de départ d’un processus de formation qui va se dérouler tout au long de la carrière. Chaque collectivité doit en effet élaborer annuellement un plan de formation, sur lequel doit être recensé l’ensemble des besoins, que ces formations soient ou non obligatoires :
- professionnalisation au 1er emploi (nomination dans un nouveau cadre d’emplois) : adaptation au nouvel emploi - professionnalisation suite à nomination sur un poste à responsabilités - professionnalisation tout au long de la carrière (par intervalle de cinq ans) : maintien et actualisation des connaissances.
Tout comme la formation d’intégration, ces 3 types de formation sont obligatoires et s’imposent aux employeurs comme aux agents.
Au-delà de ces formations prévues par les textes, les agents territoriaux peuvent suivre d’autres dispositifs, en concertation avec leurs employeurs, visant à :
- se perfectionner - renforcer leurs savoirs de base - faire reconnaître leur expérience professionnelle - changer de cadre d’emplois ou de grade - changer de métier, se reconvertir - changer de collectivité ou de fonction publique.
Selon le projet des agents, l’orientation se fera vers :
- des formations de perfectionnement - des formations aux savoirs de base - une validation des acquis de l’expérience (V.A.E.) - une reconnaissance de l’expérience professionnelle (R.E.P.) - une préparation aux concours ou examen professionnels - une formation personnelle - un bilan de compétences,
certaines des actions suivies pouvant par ailleurs être réalisées dans le cadre du D.I.F.
La formation professionnelle des personnels territoriaux constitue un important outil de modernisation et d’adaptation des collectivités territoriales et la transposition de certaines dispositions de la loi du 4 mai 2004 sur « la formation tout au long de la vie professionnelle » fait apparaître une évolution majeure :
-l’individu est l’acteur principal et responsable de sa carrière et donc de sa formation -vie professionnelle et formation sont de plus en plus imbriquées -la formation résulte d’une négociation qui articule la situation de l’agent, ses projets et besoins, et ceux de l’employeur.
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